L'EDITO DU 09/04/2010

Facebook m’a tuer !

Amis footeux, vous avez trouvé en Facebook une formidable tribune d’expression. A la limite du voyeurisme, vous vous plaisez à poster tout et surtout n’importe quoi. Mais voilà, le réseau social a ses raisons que la raison ne connaît pas et naviguer sous le compte Visiofoot donne lieu à un festival d’émotions puisque plus de 1700 amis sont au rendez-vous. Du coup, c’est un torrent d’informations qui se déverse dès que l’on se connecte. Et il faut bien reconnaître que cette avalanche de données, de murs, de messages, d’ « events », de photos, de liens, de vidéos donne un tournis comparable à celui provoqué par un crochet de Messi.

1777 amis, c’est 1777 fois plus d’infos utiles ou futiles, 1777 fois plus de photos d’inconnus, 1777 fois plus de vidéos partagées, 1777 fois plus de sentiments divers et parfois avariés, 1777 fois plus de douleur crânienne. 1777 « amis », c’est aussi 1777 fois plus de raisons d’espérer ou de désespérer quant au devenir de l’Homme sur la planète. D’espérer puisque « FB » peut vite se transformer en vecteur d’infos sympatoches, de la vidéo buzz du moment au groupe bien senti qui provoque l’hilarité, en lieu d’interaction constructive, en sublimeur d’amitié et en allié professionnel pour réseauter. De désespérer puisque force est de constater que des individus étranges se baladent en masse sur la toile. Comprenez ceux qui affichent de drôles de sobriquets, mélangeant leurs noms avec des marques de haute couture, ou qui assassinent impunément la langue française. Attardons-nous quelques instants sur cette dernière catégorie : celle qui pousse Louis-Nicolas Bescherelle au grand huit dans sa tombe.

Pour ce faire, affûtons nos vissés, prenons une bonne course d’élan et jetons-nous les deux pieds décollés pour distribuer un vilain tacle. Franchement, lorsque vous vous y mettez, vous êtes une belle bande de salopards ! OK, la génération SMS grandit et prend le contrôle de ce genre d’outils mais bordel, l’école, ça ne sert pas qu’à se balancer des boulettes et à occuper ses journées ! La rigolade, c’est sympa mais autant y mettre la forme. Sérieux, vous vous verriez fouler le terrain avec un style à la Tony Vairelles alors que vous pourriez vous la donner avec vos Vapor dernier cri ? Pour la langue, c’est pareil. Le fond est essentiel mais mettez-y un peu la forme, histoire de ne pas alimenter la vilaine théorie voulant que le tricoteur de ballon ne sache pas s’exprimer correctement. Ne donnons pas le bâton pour se faire battre, consentons un minimum d’efforts et militons tous ensemble pour qu’à l’avenir, les « Gro match, lé 3 poing son t’as noù » ou les « Fan du croi100 cho le matain » ne maltraitent plus nos yeux et nos cœurs…