L'EDITO DU 19/04/2010
Le Petit Poucet retrouve-t-il toujours son chemin ?
La Vieille Dame, comme on la surnomme, met en scène chaque année un club amateur qui vient jouer les trouble-fêtes et semer la terreur parmi les clubs professionnels. Entre des « gros » clubs qui ne jouent pas la compétition à fond avant les quarts de finale et des « petits » clubs qui cherchent à créer l’exploit pour sortir de l’anonymat, la formule est éprouvée mais elle fonctionne toujours. Cette saison, c’est donc l’US Quevilly qui a sévi dans l’hexagone et a fait trembler les plus grands. Mais malheureusement pour elle, l’USQ est passée tout près d’une finale au Stade de France et a ainsi manqué l’occasion de supplanter l’épopée calaisienne en 2000 qui est encore dans toutes les mémoires.
Avec le parcours de Quevilly en Coupe de France, on a encore eu le droit à notre lot de formules toutes faites et aux traditionnelles références à la Bible (le combat de David contre Goliath) ou au conte de Charles Perrault (le Petit Poucet). Il s’agit là d’une communication savamment étudiée de la part de la FFF, voire même d’un marketing parfaitement maîtrisé afin de mieux concurrencer la LFP et sa Coupe de la Ligue qui ne passionne personne (sauf quand c’est l’OM qui la gagne) et qui embête tout le monde. Avec ses exploits amateurs qui n’en sont finalement pas car ils se reproduisent chaque année, La Coupe de France est un gage certifié de spectacle voué à créer l’engouement populaire. La très bonne audience du match Quevilly-PSG mercredi soir (5,5 millions de spectateurs en moyenne et une part de marché avoisinant les 23%) témoigne d’ailleurs de cette ferveur du public. En se spécialisant dans les combats déséquilibrés d’année en année, la Coupe est presque devenue une nouvelle lutte des classes, celle du football amateur contre le foot business. Mais comme en atteste le résultat du match de mercredi, la lutte n’a pas tourné à l’avantage du « petit ». Et c’est là que les références bibliques ou littéraires ont leurs limites.
Chez Charles Perrault, le Petit Poucet terrassait le méchant Ogre en utilisant les bottes de sept lieues. Mais sur un terrain, les footeux n’ont que des crampons et c’est pour ça que l’histoire ne se termine jamais en conte de fées. Chez Perrault encore, le Petit Poucet semait des cailloux pour retrouver son chemin mais dans la réalité de la Coupe de France, ce Petit Poucet ne perd-il pas davantage ses plumes ? Si le spectacle est au rendez-vous, ces belles épopées sont-elles réellement bénéfiques pour les clubs amateurs ? Car tel Icare se brûlant les ailes en volant trop près du soleil, n’y a-t-il pas un « danger » pour les clubs modestes qui se retrouvent soudainement sous les feux de la rampe ?
Les héros d’hier peinent à confirmer leurs exploits, à l’image de Guingamp, le tenant du titre, qui se bat dans les profondeurs du classement de la Ligue 2 pour ne pas descendre à l’échelon inférieur. La médaille est-elle trop lourde à porter ? On est en droit de se le demander, à fortiori quand un coup d’éclat reste sans lendemain, à l’image du club de Calais retombé depuis dans l’anonymat le plus profond. Alors le Petit Poucet retrouve-t-il toujours son chemin ? Pour cela, on suivra attentivement le parcours de l’US Quevilly la saison prochaine et on gardera également un œil attentif sur les nombreux clubs amateurs qui partiront une nouvelle fois à l’assaut de la Vieille Dame…
E.D
Avec le parcours de Quevilly en Coupe de France, on a encore eu le droit à notre lot de formules toutes faites et aux traditionnelles références à la Bible (le combat de David contre Goliath) ou au conte de Charles Perrault (le Petit Poucet). Il s’agit là d’une communication savamment étudiée de la part de la FFF, voire même d’un marketing parfaitement maîtrisé afin de mieux concurrencer la LFP et sa Coupe de la Ligue qui ne passionne personne (sauf quand c’est l’OM qui la gagne) et qui embête tout le monde. Avec ses exploits amateurs qui n’en sont finalement pas car ils se reproduisent chaque année, La Coupe de France est un gage certifié de spectacle voué à créer l’engouement populaire. La très bonne audience du match Quevilly-PSG mercredi soir (5,5 millions de spectateurs en moyenne et une part de marché avoisinant les 23%) témoigne d’ailleurs de cette ferveur du public. En se spécialisant dans les combats déséquilibrés d’année en année, la Coupe est presque devenue une nouvelle lutte des classes, celle du football amateur contre le foot business. Mais comme en atteste le résultat du match de mercredi, la lutte n’a pas tourné à l’avantage du « petit ». Et c’est là que les références bibliques ou littéraires ont leurs limites.
Chez Charles Perrault, le Petit Poucet terrassait le méchant Ogre en utilisant les bottes de sept lieues. Mais sur un terrain, les footeux n’ont que des crampons et c’est pour ça que l’histoire ne se termine jamais en conte de fées. Chez Perrault encore, le Petit Poucet semait des cailloux pour retrouver son chemin mais dans la réalité de la Coupe de France, ce Petit Poucet ne perd-il pas davantage ses plumes ? Si le spectacle est au rendez-vous, ces belles épopées sont-elles réellement bénéfiques pour les clubs amateurs ? Car tel Icare se brûlant les ailes en volant trop près du soleil, n’y a-t-il pas un « danger » pour les clubs modestes qui se retrouvent soudainement sous les feux de la rampe ?
Les héros d’hier peinent à confirmer leurs exploits, à l’image de Guingamp, le tenant du titre, qui se bat dans les profondeurs du classement de la Ligue 2 pour ne pas descendre à l’échelon inférieur. La médaille est-elle trop lourde à porter ? On est en droit de se le demander, à fortiori quand un coup d’éclat reste sans lendemain, à l’image du club de Calais retombé depuis dans l’anonymat le plus profond. Alors le Petit Poucet retrouve-t-il toujours son chemin ? Pour cela, on suivra attentivement le parcours de l’US Quevilly la saison prochaine et on gardera également un œil attentif sur les nombreux clubs amateurs qui partiront une nouvelle fois à l’assaut de la Vieille Dame…
E.D